"Crée
par la Constitution de 1991, comme une nouveauté dans la vie juridique -
étatique roumaine, l’institution de l’Avocat du Peuple (l’Ombudsman),
institution d’inspiration ouest-européenne, a été mise en oeuvre et a
commencé de fonctionner après l’adoption de sa loi organique, la Loi no.
35/1997.
Il faut souligner que, dès son début, l’institution a eu et toujours a
un grand ami, le Parlement de la Roumanie. Les parlementaires roumains,
malgré leur couleur politique, ont toujours soutenu l’institution. Ce
support a permis à l’Avocat du Peuple de connaître une permanente
consolidation constitutionnelle et légale, ce qui a été exprimée par
les modifications de sa loi d’organisation et de fonctionnement, et,
surtout, par complètements substantiels apportés aux dispositions
constitutionnelles. Ces modifications ont concerné pas seulement les
aspectes d’organisation et de fonctionnement mais ont créé aussi des
moyens nouvelles pour la défense des droits et des libertés des citoyens
par l’Avocat du Peuple.
L’expérience acquise et aussi la référence aux exigences de
l’ombudsman européen ont impliqué des modifications constitutionnelles.
Ainsi, en 2003 le Parlement de la Roumanie, en tant que pouvoir
constituant, a apporté quelques améliorations, telles que:
l’établissement du droit de l’Avocat du Peuple de saisir la Cour
Constitutionnelle en vue de se prononcer sur la constitutionnalité des
lois avant leur promulgation; la notation du droit de l’Avocat du Peuple
de saisir directement la Cour Constitutionnelle par des exceptions
d’inconstitutionnalité; l’établissement d’adjoints spécialisés par
domaines d’activité; l’élection de l’Avocat du Peuple, en séance commune
de la Chambre des Députés et du Sénat, pour un mandat de 5 ans, des
mesures qui fortifié l’autonomie de l’institution.
Des importantes améliorations ont été apportées à la loi organique de
l’institution: a été établie l’obligation de l’institution d’émettre et
de communiquer a la Cour Constitutionnelle des points de vue dans les
affaires qui impliquent les droits de l’homme ; a été crée la
possibilité de fonder des bureaux territoriaux (14 bureaux organisés sur
le critère territorial des Cours d’Appel); ont été détaillées les
dispositions constitutionnelles concernant les adjoints de l’Avocat du
Peuple.
Comme toute institution publique, l’Avocat du Peuple a aussi besoin
d’experts et conseillers bien préparés. Dans l’activité permanente d’en
perfectionner et aussi dans les conditions d’une permanente fluctuation
du personnel, situation commune aux institutions budgétaires, des
mesures ont été prises: des séminaires concernant des problèmes de
spécialité; des cours post universitaires dans le domaine juridique; des
brefs stages organises à l’étranger (les Pays Bas, Royaume Uni, France)
obtenus comme résultat des collaborations avec les ombudsmans
internationaux; des enseignements avec la participation des experts de
l’ombudsman national hollandais.
On a met l’accent aussi sur la collaboration et l’échange d’expérience
avec les ombudsmans internationaux et les associations du domaine.
L’institution est impliquée dans l’activité des associations des
ombudsmans (L’Institut Européen de l’Ombudsman, L’Institut International
de l’Ombudsman et L’Association des Ombudsmans et Médiateurs de la
Francophonie), mais aussi dans les échanges d’expérience avec les
ombudsmans étrangers (des Pays Bas, France, Espagne, République Tchèque,
Azerbaïdjan, Allemagne, Albanie).
Il faut mentionner la visite en Roumanie du Médiateur Européen, M.
Nikiforos Diamandouros, aussi que les visites des parlementaires et
ombudsmans étrangers qui ont fait l’éloge à l’institution de l’Avocat du
Peuple. Tout ça a représenté un réel aide dans notre démarche en vue de
perfectionner notre activité.
En tenant compte que le but de l’institution est de protéger les droits
et les libertés du citoyen dans ses rapports avec l’administration
publique, on s’est préoccupé que la réception et l’examen des
pétitions soient réalisées d’une manière civilisée et efficace, que tout
citoyen reçoit le support, le réponse, l’explication, dont il
nécessite. En dehors de nos préoccupations en vue de solutionner les
problèmes concrets, on a réalisé des actions en vue de protéger les
droits de certains segments de population, quand les pétitions
individuels concernant le même domaine étaient nombreuses (concernant le
système des pensions, le système d’assurance de santé, les problèmes de
ces qui ont été obligés à travailler dans les années 1950 – 1960, les
droits des enfants et jeunes à handicap, l’observance des droits des
vétérans de la guerre, veuves de la guerre et veuves non remariées des
vétérans de la guerre etc.). La disponibilité de l’institution vers le
citoyen, la transparence dans son activité, expliquent l’accroissement,
d’une année à l’autre, du numéro des pétitions.
En tant qu’institution de type ombudsman, l’Avocat du Peuple contribue à
solutionner des conflits entre les personnes physiques et les autorités
de l’administration publique, par voie amiable, par la médiation ou par
le dialogue.
Sans doute, tels procédés particuliers et spécifiques à l’ombudsman ne
conduisent pas toujours aux résultats escomptes, surtout lorsque les
partenaires ne sont pas ouverts au dialogue, ne font pas preuve de la
souplesse voulue, lorsqu’il refusent un comportement constitutionnel
loyal.
Même dans des conditions pareilles, dès le début, j’ai considéré que
l’Avocat du Peuple doit être et doit rester une institution de la
médiation, du dialogue. Personnellement, je ne partage pas les
propositions de consolidation de l’institution visant à accorder à
l’Avocat du Peuple le droit d’appliquer des sanctions (annulation des
actes, amendes, révocation de fonction) ou de demander que les
fonctionnaires coupables soient traduits en justice.
La beauté de l’institution, son efficacité ne peuvent pas se baser sur
le pouvoir de répression, sur le pouvoir punitif. Autrement, ce ne
serait plus une institution de la médiation, du dialogue, sa raison
d’être disparaîtrait pratiquement. Surtout que dans une démocratie
constitutionnelle, basante sur le principe classique de la séparation et
de l’équilibre des pouvoirs (principe inscrit d’ailleurs dans le premier
article de la Constitution), l’Avocat du Peuple est et doit rester
l’autorité à même de faciliter l’équilibre non seulement entre les
pouvoirs publics, mais également entre ceux-ci et la société civile.
Personnellement, je vois dans l’institution l’Avocat du Peuple plutôt
une puissant institution de l’avenir, dans un Etat ou les efforts pour
la démocratie et la protection des droits de l’homme sont évidents."
Prof univ. dr. Ioan Muraru
L’Avocat du Peuple